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Travail Terminologique

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Submitted By irchikya
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LE TRAVAIL TERMINOLOGIQUE POUR LA TRADUCTION DE L’HISTOIRE Ana Escartín Arilla Licence en Histoire et en Traduction et Interpretation Professeur et traductrice Université de Saragosse Saragosse – Espagne anaescar@unizar.es

Résumé : La traduction précise des termes est un aspect-clé dans la traduction de textes scientifiques. La traduction de textes d’histoire, en tant que traduction spécialisée, requiert l’accès à des matériaux terminographiques adéquats aux problèmes qui lui sont propres et qui sont, par la nature même des sciences humaines, principalement extralinguistiques. On envisage l’élaboration de dictionnaires bilingues de termes d’histoire pour les traducteurs, dont le but principal serait précisément l’explicitation des problèmes procédant de la transmission entre cultures, plutôt qu’entre langues.

Mot-clés : histoire, terminographie, langue spécialisée, notions historiographiques.

1. INTRODUCTION Les sciences humaines, et plus particulièrement l’histoire, ont été traditionnellement négligées par la terminologie, plutôt consacrée aux champs de la recherche dont la nature scientifique n’a jamais été mise en question, d’où le manque d’ouvrages monographiques de terminologie historique et même de références systématiques à l’histoire dans des textes généraux portant sur des questions terminologiques. D’autre part, les caractéristiques inhérentes à l’histoire comme discipline en ce qui concerne les méthodes de recherche, les présupposés théoriques, les formes du discours et de l’argumentation, ainsi que la nature même de son sujet d’étude, entraînent des difficultés spécifiques en matière terminologique. Malgré ses particularités, et malgré l’énorme et croissante quantité de livres et articles écrits et traduits dans ce domaine, la traduction du domaine des sciences humaines n’est pas habituellement considérée comme une discipline spécifique dans le monde académique, comme le sont la traduction juridique, économique ou technique et, en général, il y a très peu de traducteurs « spécialisés » et surtout « formés » en histoire, histoire de l’art, anthropologie, etc. En outre, les traducteurs qui doivent faire face à des textes portant sur ces matières ne peuvent pas compter sur des matériaux terminographiques adéquats et précis. Ils ont bien entendu accès à des glossaires, des dictionnaires monolingues spécialisés – aussi très peu nombreux – et des ouvrages monographiques, mais ils manquent de dictionnaires bilingues et plurilingues qui résolvent des difficultés terminologiques concrètes. Il faut noter que, dans une matière telle que l’histoire, la traduction précise des termes spécialisés est un aspect clé qui se trouve en marge des débats autour de la fidélité, puisqu’il s’agit d’unités lexicales univoques qui tendent à la littéralité référentielle (Cabré 2002) et posent donc ce que l’on connaît comme « problèmes de traduction », c’est-à-dire, des difficultés objectives (linguistiques, extralinguistiques, méthodologiques) apparues lors du processus de traduction (Hurtado 2001 : 286). Un dictionnaire bilingue destiné aux traducteurs devrait viser à résoudre non seulement les problèmes linguistiques mais aussi les extralinguistiques, lesquels tombent les traducteurs de textes spécialisés en histoire ou en historiographie. Cette communication va donc essayer de systématiser les éléments qui font de l’histoire une matière particulièrement conflictuelle lorsqu’il s’agit d’élaborer des travaux terminographiques et qui doivent être considérés par les équipes de travail visant à créer un hypothétique dictionnaire bilingue ou plurilingue

pour la traduction spécialisée. Dans le but de cataloguer ces éléments, on va examiner les différentes phases du travail terminographique pour y repérer les aspects différant significativement de ceux qui sont caractéristiques de ce qu’on appelle les « sciences exactes ». Mais nous ferons d’abord une brève réflexion à propos de la question suivante : L’historiographie requiert-elle une traduction « spécialisée » ?

2. LA NÉCESSITÉ D’UNE TRADUCTION « SPÉCIALISÉE » EN MATIÈRE HISTORIQUE Existe-t-il un « langage de l’histoire » ? L’histoire, en tant que science, possède une terminologie propre et caractéristique, créée – à travers des mécanismes divers – et employée par les historiens pour communiquer leurs connaissances. Nonobstant, étant donné la nature de cette matière, et des sciences humaines en général, dont l’objet d’étude sont les créations humaines à travers le temps, un grand nombre des termes employés sont des mots appartenant à la réalité – c’est-à-dire attribués aux objets et aux événements par une communauté humaine – qui deviennent des concepts théoriques lorsqu’ils sont employés par les scientifiques pour expliquer des phénomènes historiques (Marrou 1985 : 101-102). Comme l’explique Julio Aróstegui, « [il] existe à peine des termes construits historiographiquement pour désigner des phénomènes spécifiques », ce qui n’implique pas une sous-estimation de la précision du langage employé par l’histoire. (Aróstegui 1995 : 28-29). On parle alors plutôt d’« usage spécialisé du langage » (Ciapusco et Kuguel 2001) ou de « sens situé » des termes (Cabré 2001), c’est-à-dire que les termes à sens général acquièrent un sens spécialisé en fonction de leur usage et aussi en fonction d’une signification nouvelle – plus pratique et plus éloquente, mais en même temps plus partielle (Marrou 1985 : 102) – assignée par les théoriciens. Les facteurs qui détermineraient la spécialisation d’un terme quelconque seraient, selon Cabré, une thématique spécialisée, des usagers spécialistes et des situations formelles de communication, réglées par des critères professionnels ou scientifiques, des normes auxquelles les termes employés par les historiens répondent sans aucun doute (Cabré 2001). En tout cas, on peut cataloguer le « langage de l’histoire » comme un langage scientifique en tant que « mécanisme employé pour la communication, dont l’univers se situe dans tout champ de la science, cette communication se produisant soit exclusivement entre spécialistes, soit entre eux et le grand public, quelle que soit la situation communicative et le canal choisi pour l’établir » (Gutiérrez Rodilla 1998 : 20) De la même façon, Ciapusco et Kuguel (2001) parlent de l’inexistence d’un clivage net entre texte général et texte spécialisé, et affirment la difficulté de déterminer les critères qui justifient que l’on considère un texte comme spécialisé. Plusieurs théoriciens ont essayé de démontrer que le critère thématique n’est pas décisif dans la détermination du degré de spécialisation d’un texte. Il semble plausible que ce soit le critère du « contrôle conceptuel » (Cabré 2002) qui rend possible une telle distinction. Cependant, il paraît aussi évident que, dans le cas de l’élaboration d’un dictionnaire comme celui qui constitue notre hypothèse de travail, le critère thématique est décisif, tandis que le niveau de « contrôle conceptuel » du texte est une question assez difficile à cerner, bien qu’elle ne puisse pas être négligée lors de la sélection des matériaux qui constitueront le corpus du travail terminographique. Malgré ces difficultés de délimitation de la notion de « texte spécialisé », dans le domaine de la traduction il existe depuis presque toujours une distinction nette entre « traduction générale » et « traduction spécialisée » qui est toujours présente dans le travail du spécialiste, dès le moment où les tarifs appliqués varient selon le degré de spécialisation du texte original. En tout cas, la traduction de textes d’histoire peut être considérée comme une traduction spécialisée – sans oublier bien entendu les différents niveaux de difficulté des textes – étant donné précisément les caractéristiques particulières de sa terminologie, que l’on analysera attentivement plus tard.

3. LE TRAVAIL TERMINOGRAPHIQUE : DIFFICULTÉS DE L’ÉLABORATION D’UN DICTIONNAIRE BILINGUE D’HISTOIRE

3.1. Les matériaux du travail préalable Tandis que dans les matières techniques il existe toute une tradition de dictionnaires, lexiques et vocabulaires auxquels s’adresser comme soutien de travail et qui ont été réalisés du point de vue de la terminologie, ce sont en général les historiens qui ont dû faire face au manque de ce genre d’ouvrages de référence, en publiant des catalogues de termes historiques qui, normalement, ne respectent pas les règles du travail terminologique et qui ont des buts autres que l’appui au travail du traducteur. D’habitude, les dictionnaires de termes ou de concepts historiques,, décrivent les notions avec les traits caractéristiques au discours historique, d’autant plus que la matière traitée y prête spécialement. En plus, ils répondent parfois à la volonté de l’auteur de défendre à travers la définition des termes une vision particulière des processus historiques, ayant donc une vocation nettement prescriptive. Les implications du choix des termes sont, comme on verra plus tard et sauf dans des cas comme le côté plus technique de l’histoire de l’art, une des questions les plus conflictuelles en cette matière et la réflexion à propos de cela fait l’objet de nombreux ouvrages historiographiques. 3.2. La délimitation du thème Il semble évident qu’un hypothétique « dictionnaire d’histoire français-espagnol » ne serait pas suffisamment exhaustif ou suffisamment pratique, même pas un dictionnaire de l’histoire d’un pays concret. En règle générale, les ouvrages monolingues dans ce domaine portent soit sur un moment ou un phénomène historique précis, soit sur un aspect concret de la société humaine analysé tout au long du temps, éléments qui déterminent le thème du travail terminographique. Ainsi trouve-t-on des études sur « la transition espagnole », « la sorcellerie » ou « les révolutions bourgeoises ». Dans le cas d’un éventuel dictionnaire bilingue, l’ampleur du sujet, ainsi que le grand nombre de termes associés à celui-ci, obligeraient à une limitation temporelle ou thématique très précise, ou bien à l’élaboration d’une encyclopédie complète. 3.3. Le choix du corpus Quand on parle de l’histoire, on affronte un problème de définition, étant donné la confusion terminologique entre la science et son objet. Julio Aróstegui a proposé l’expression d’« amphibiologie » du terme « histoire » pour faire référence au fait qu’« un seul mot, histoire, a traditionnellement désigné deux choses différentes : l’histoire comme réalité dans laquelle l’homme est inséré et, d’autre côté, la connaissance et l’enregistrement des situations et des événements qui signalent et manifestent cette insertion. » (Aróstegui 1995 : 20). Le terme « Historiographie » est à son tour employé à certains moments comme synonyme d’histoire, et à d’autres pour désigner l’ensemble des ouvrages rédigés par les historiens à propos de leur objet d’étude (Aróstegui 1995 : 23-27). On peut donc faire une différentiation entre les documents historiques, ceux qui ont été rédigés tout au long de l’histoire par les hommes avec des buts tout à fait variés et qui font l’objet, sans en avoir vocation, d’une étude historiographique a posteriori, et les textes d’historiographie, c’est-à-dire, d’une part, ceux qui sont le résultat d’une analyse des faits passés, créés par des spécialistes avec des objectifs tout d’abord scientifiques, et d’autre part, ceux dont la matière est l’étude même de la recherche historiographique. Pour éviter la confusion, on peut parler de « documents historiques » dans le cas des sources primaires employées par les historiens dans leur recherche d’une part, et de « textes spécialisés en histoire » et/ou « textes spécialisés en historiographie » d’autre part, qui sont en principe ceux qui doivent former le corpus du travail terminographique qui nous occupe. Or, la distinction entre document historique et texte spécialisé est quand même diffuse dans certains cas. La conception de l’histoire comme discipline a beaucoup changé, et les textes écrits il y a longtemps par des historiens sont vus actuellement comme plus proches de la littérature que de la science et très souvent analysés comme des sources historiques en elles-mêmes. C’est le cas des auteurs classiques et on le voit aussi très clairement à propos des débats, entre autres, autour de la Révolution française.

L’introduction à La Révolution française d’Albert Soboul (1982) est un exemple d’exploitation d’ouvrages d’historiens français contemporains constituant des sources pour l’analyse. D’ailleurs, la notion de « texte spécialisé en histoire » n’est pas tellement indubitable. Il y a certes des écrits sortis de la plume d’un historien – ou en tout cas d’un spécialiste – et pourvus d’éléments caractéristiques du discours historiographique. Cependant, on peut trouver d’autres textes qui, par des raisons diverses, peuvent être considérés aussi comme historiographiques. C’est le cas de certains textes appartenant à d’autres disciplines scientifiques qui apportent des données historiques ou même adoptent les éléments propres à la narration historiographique. En ce sens, il existe depuis longtemps un processus d’interaction entre les sciences (sociologie, politologie, droit, économie) qui a transformé de manière radicale la structure narrative de leurs discours respectifs et auquel l’histoire n’a pas été étrangère. Carreras Ares (2000 : 215-257) a effectué une révision exhaustive de ce processus dans le cas de l’histoire. Une des conditions qui doivent être remplies par les documents constituant le corpus est leur actualité, étant donné la nature changeante des connaissances scientifiques. Dans le cas de l’histoire, le moment – et le lieu – où un certain texte a été produit détermine non seulement l’état des connaissances mais aussi la façon d’envisager le sujet. Si une telle affirmation peut être appliquée à l’ensemble des sciences, personne ne niera que la matière historique est particulièrement sensible à des questions de nature idéologique audelà de l’observation rigoureuse des faits. La terminologie employée dans les textes d’histoire n’est pas neutre et la sélection des documents qui serviront de corpus à notre travail de recherche de termes spécialisés doit tenir compte des facteurs extralinguistiques déterminant le choix d’une terminologie concrète. D’autre part, les documents doivent être originels, c’est-à-dire, rédigés dans la langue du travail. L’histoire, comme la plupart des sciences humaines, axe très souvent ses analyses sur un pays concret qui présente des caractéristiques particulières ayant reçu une désignation précise dans la langue du pays concerné. Ainsi, selon le thème déterminé auparavant, il faudra tenir compte des difficultés terminologiques que les références culturelles – propres aux sciences humaines – vont poser. En outre, parfois le chercheur étudie le cas d’un contexte géographique dont la langue n’est pas la sienne. Un hispaniste, par exemple, doit entamer son propre processus de traduction des références culturellement spécifiques de l’Espagne pour les transmettre à son public, qui parle une langue autre que l’espagnol. Le terme « cacique », en espagnol, poserait de graves problèmes de transmission, par exemple, à un historien anglais, qui devrait trouver un mot qui transmette le sens spécifique du terme dans la réalité espagnole, en plus d’expliquer avec précision le contenu significatif de celui-ci, un problème, par ailleurs, que doit aussi affronter l’historien espagnol, puisqu’il s’agit d’une issue conceptuelle. Dans ce but, l’hispaniste devra employer des stratégies diverses que l’on analyse ailleurs et dont le traducteur vers d’autres langues – y compris dans ce cas l’espagnol – devra prendre en considération lorsqu’il s’adresse à un nouveau public. On va présenter un cas très clair portant sur des concepts de l’historiographie. Carreras Ares (2000 : 134142) étudie le phénomène de la régionalisation de l’historiographie à partir des années soixante du XXe siècle, et parle de trois réalités : « histoire régionale », « Landesgeschichte » et « Historia regional ». Il s’agit, comme on voit, d’un phénomène qui a eu lieu plus ou moins dans la même époque dans des pays différents, mais le terme employé dans chaque pays a des connotations particulières. Ce n’est pas seulement une question de langue : on ne peut pas traduire « histoire régionale » par « Landesgeschichte » parce que ses mots font référence à des notions différentes, bien que parallèles et comparables. Le corpus définitif de notre éventuel travail terminographique devrait être représentatif de toutes les réalités exposées. 3.4. Le dépouillement des documents Dans la première phase du travail terminographique avec les documents, il faut faire face à l’une des plus grandes difficultés : la sélection précise des mots qui peuvent être considérés comme des termes de la matière historique. Il y a des termes employés depuis longtemps par les historiens et qui décrivent des phénomènes nettement historiques, tels que « néolithique », « féodalisme » ou « guerre froide », des

termes qui peuvent être employés dans d’autres champs, comme l’économie, la sociologie ou le journalisme, mais qui appartiennent sans aucun doute à la tradition historiographique. Mais les sciences humaines comprennent l’ensemble des aspects de la vie humaine, d’où la nature essentiellement interdisciplinaire de leurs termes. On pourrait se demander si le terme « souveraineté nationale » est proprement historique. Procédant du champ juridique ou même de la politologie, ce terme est devenu, par l’effet des événements historiques, un terme fondamental pour la compréhension de certains processus du point de vue de l’histoire. L’adéquation de l’attribution d’un terme concret à une matière scientifique dépend en tout cas du contexte d’usage. Le fondement des « langues de ou en spécialité » est certes l’emploi de termes de la langue générale dans la communication spécialisée (Ciapusco et Kuguel 2001, Cabré 2002), et de ce point de vue rien ne distingue l’histoire des sciences exactes. Or, dans les sciences humaines, on trouve rarement des « unités terminologiques » des types décrits dans les manuels de terminographie, celles qui peuvent en principe être reconnues par leurs composants formels, tandis que des termes tels que « propriété de la terre » ou « État », difficiles à repérer à travers des systèmes automatiques de traitement de l’information, ne devraient jamais être négligés. Le contexte joue à nouveau un rôle constitutif. Il existe encore un troisième aspect : celui du « vocabulaire d’appui », des mots et des expressions, selon Darbelnet, caractéristiques des textes spécialisés, mais ne répondant pas aux normes de la terminologie (Lerat 1995 : 52). Par exemple, l’expression « propriété de la terre » peut être considérée comme un « terme » dans le contexte de la science historique ou plutôt comme un mot très employé mais non suffisamment spécialisé. Dans la décision de la faire entrer dans notre éventuel fichier terminologique, le facteur subjectif joue un rôle indéniable, mais il est quand même, précisément pour cette raison, indispensable d’établir des critères préalables qui dirigent la sélection des termes significatifs. Mais le problème ne se pose pas tellement lors du dépouillement, c’est-à-dire, du repérage des mots significatifs pour le thème proposé, mais plutôt lors de l’attribution d’une définition à un terme ou, à l’inverse, l’assignation d’un terme précis à une notion, c’est-à-dire, lors de la préparation du fichier terminologique. 3.5. L’élaboration du fichier terminologique La question la plus problématique dans ce point est, comme on vient de dire, la définition de la notion référée par le terme. Les notions dans la science historique, ainsi que dans les autres sciences humaines, ne sont en général pas aussi « tangibles » que dans les sciences « exactes » et surtout les techniques. Celles qu’on a déjà mentionnées, présentes dans tout essai de catalogage du vocabulaire historique, sont suffisamment abstraites et ont assez d’implications pour générer des conflits parmi les spécialistes à propos de leur contenu, et même le choix du terme concret pose des difficultés et génère des débats. Des facteurs non strictement scientifiques interviennent à leur tour dans ce type de délibérations. Le cas de la controverse autour de la nature du régime franquiste, résumée par Sevillano Calero (1999), est un exemple clair de débat terminologique entraînant des questions idéologiques. On trouve aussi de graves difficultés lorsqu’il faut trouver une équivalence des termes dans d’autres langues, dont on a déjà parlé quand on a abordé les conditions des documents du corpus. Chaque langue a déjà accordé, avec plus ou moins de succès, une unité terminologique précise aux notions qui appartiennent à l’histoire d’une communauté considérablement large, telles que « révolution industrielle » ou « paléolithique ». Or, même dans le cas de ces notions, parfois le terme employé pour la première fois est si éloquent – c’est le cas de « putting-out system » en anglais – que les historiens décident de ne pas le traduire dans d’autres langues, dans le but de conserver son sens propre. Dans d’autres occasions, des expressions déjà consolidées font l’objet d’un nouveau débat à un moment donné, dû aux progrès dans les recherches ou à l’apparition de visions d’ensemble différentes tout au long du temps. C’est le cas de la révision de la notion de « Reconquista » dans l’Espagne du Moyen Âge (Barbero et Vigil 1979). D’un autre côté, lorsqu’il s’agit de notions culturellement ou géographiquement restreintes, leur traduction peut entraîner des confusions ou des imprécisions théoriques. La dénomination assignée aux réalités devient

dans ce cas-là une question épineuse et les options choisies varient selon l’auteur ou selon le cas concret. Elles oscillent entre la conservation du terme dans la langue originelle (les « sans-culottes » français), la création d’un terme dans la langue du spécialiste qui ressemble à l’original (le terme « caciquisme » pour parler du « caciquismo » espagnol) ou la sélection d’un mot de la langue du chercheur et l’attribution à ce mot d’un nouveau sens culturellement déterminé (« day labourer » pour « jornalero »). Voilà une des plus grandes difficultés de la traduction de l’histoire. Et la question se complique si l’on doit faire face à un terme qui, comme on a déjà signalé, a souffert à son tour d’un processus de traduction de la part de l’historien, qui a essayé de trouver un mot « équivalent » dans sa propre langue pour reproduire le sens, par exemple, de « Fuero », en espagnol, en tant que compilation particulière de lois. Il est alors indispensable de repérer la désignation dans la langue originale pour répondre, comme traducteurs, à la réalité historique concernée. Ainsi convient-il de faire attention à la notion d’« équivalence dynamique », proposée à l’origine par Nida et très bien accueillie par les spécialistes, qui entraîne la priorité de la conformité contextuelle et de l’adéquation aux besoins des récepteurs selon le genre du texte (Hurtado 2001) dans le choix du terme définitif. 4. CONCLUSION La traduction des textes d’histoire est une traduction spécialisée qui, en tant que telle, requiert, d’une part, des professionnels maîtrisant les notions historiographiques fondamentales et les particularités de la science historique, ainsi que les stratégies et difficultés de l’activité traductrice, et d’autre part, des matériaux de travail consacrés à résoudre les problèmes spécifiques qu’elle pose. La systématisation de tels problèmes n’est pas complète, mais l’énumération effectuée ici nous rapproche de la réalité à laquelle doivent faire face les traducteurs spécialisés en sciences humaines et ouvre une voie de travail pour les terminologues dans le but de répondre convenablement à leurs nécessités. Les dictionnaires bilingues généraux ne peuvent aider le traducteur à affronter les difficultés dont on a essayé d’élaborer un catalogue. Voilà pourquoi s’impose la nécessité d’élaborer des dictionnaires spécialisés en matière historique, développant des explications précises à propos des difficultés linguistiques et surtout extralinguistiques du choix des termes dans les textes spécialisés en histoire et historiographie. La nouveauté et la puissance de l’ouvrage que l’on envisage résident précisément dans la capacité à résoudre des problèmes extralinguistiques.

Bibliographie :
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Droit Du Travail

...DROIT DU TRAVAIL INTRO 2 1. Définition du droit du travail 2 2. Les sources du droit du travail 2 2.1 Les sources externes (non française) 2 2.2 Les sources internes 3 3. Les instances de contrôle en droit du travail 4 3.1 Les instances administratives 4 3.2 les instances judiciaires 5 1ere partie : Les relations individuelles de travail 6 Titre 1 : La formation de la relation de travail 6 Chapitre 1 : L’embauche 6 Section 1 : les filières de recrutement 6 Section 2 : la sélection du salarié 6 1. Les principes fondamentaux 6 2. Les dérogations aux principes 7 3. les sanctions de la violation de ce principe 7 Chapitre 2 : Le choix du contrat de travail 8 Section 1 Le contrat à durée indéterminé 8 Section 2 Les contrats précaires 8 1. Le contrat à durée déterminée 8 2. Le contrat de travail à temps partiel 10 Chapitre 3 : La période d’essai 11 Section 1 : Mise en œuvre de la période d’essai 11 1. Le point de départ 11 2. Le renouvellement de la période d’essai 11 Section 2 : Rupture de la période d’essai 11 Titre 2 : L’exécution de la relation de travail 11 Chapitre 1 : La durée du travail 11 Section 1 : Le temps légal 11 1. le temps de travail 11 2. le temps de repos 12 3. Le temps d’astreinte 14 Section 2 : le temps conventionnel 14 1. les conventions de forfait 14 2. Les accords modifiants la répartition des horaires de travail sur différentes périodes 15 Chapitre 2 : la......

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Travail Et Technique

...convient alors de se demander si le développement de la technique n’est que source de libération ou plutôt instrument d’aliénation ? Nous tenterons d’analyser comment la technique permet aux hommes de transformer la nature en vue de satisfaire leurs besoins. Cependant, ce développement, loin de ne contribuer qu’au bien-être des individus, participe également de leur aliénation, notamment par la capitalisation de la production. I. L’adaptation de la nature à nos besoins par la technique A. Technique liée au travail Dans la mesure où l’avènement des techniques a incontestablement contribué à l’amélioration du quotidien des hommes, on est souvent tenté d’affirmer que la technique est libératrice dans bien des cas. Or, cela conduit à s’interroger sur le rapport entre le travail et le développement des techniques, au cours de l’évolution de la société. Déjà, le mythe de Prométhée que Platon décrit dans son Protagoras, illustre une telle vision libératrice du travail humain grâce aux techniques. En effet, si toutes les espèces terrestres ont été dotées de défenses naturelles (cornes, griffes, fourrure…) par Epiméthée, l’homme, en revanche, n’a reçu de Prométhée que la toison de sa chevelure puisque son frère avait distribué toutes les armes aux animaux. Ainsi, « l’homme est nu, sans chaussures, ni couvertures, ni armes », mais il a réussi à perdurer jusqu’à aujourd’hui. Prométhée, dépossédé des attributs de la force, offrira aux hommes la maîtrise du feu volé à......

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Travails of the Training Manager

...TRAVAILS OF A TRAINING MANAGER Ashwin Kumar, who had recently joined System, as a training manager, was feeling uneasy at the end of his first meeting with Pesu Shroff, the managing director of the company. Systems was a ten-year old unit employing 300 people. It had a turnover of Rs. 25 crore the previous year. The company traded in several products – both domestic and imported. Nearly 80 percent of its turnover came from selling electronic component products which were assembled locally from imports of semi knocked – down kits. The landed cost of its imports was about Rs. 10 crore last year. The products had an assured demand in the country, with smuggled goods from Taiwan and Korea providing whatever little competition there was. The company had been operating in a seller’s market for years and, as a result, most of its activities were production oriented rather than market oriented. Early during the current financial year, the Government of India had announced, as a part of its economic liberalization strategy, several policy measures which made imports costlier. All imports had to be financed by exports – there were restrictions on margin money and interest rates for working capital had shot up at one stroke. With little export income in its account, Systems had no choice but to discontinue importing SKD kits. The company management had three option before it. First, to build up its domestic trading activity rapidly ; second, to assemble at least a few of the......

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Droit

...Droit des contrats Introduction I. La nature de l’obligation A) L’obligation est une créance L’obligation est un lien de droit entre deux personnes, l’une est la créancière de l’obligation et l’autre est le débiteur. Exemple : le contrat de travail ou le contrat de location. L’obligation est une créance parce qu’on attend quelque chose de l’exécution du contrat. B) L’obligation est un bien La notion de bien est le bien dans sa conception économique, qui a une valeur marchande. Cela sous-entend que l’exécution de l’obligation est une exécution qui en elle-même a une valeur monétaire, une valeur marchande. Pour le contrat de vente, l’obligation de délivrance est considérée comme l’exécution de la délivrance d’un bien. C’est la même chose pour un contrat de bail. II. Les classifications des obligations A) La classification fondée sur la force contraignante de l’obligation On peut concevoir deux types d’obligations, l’obligation juridique (celle qui nait d’un contrat ou de la loi) et l’obligation naturelle (les obligations qui naissent en dehors de toute exigence légale ou contractuelle). -Le caractère obligatoire de l’obligation juridique puise sa source soit dans le contrat soit dans la loi parfois les deux. Ainsi, celui qui ne s’exécute pas spontanément peut y être contraint, et il est possible de recourir à l’exécution forcée. C’est la différence avec les obligations dites naturelles. -Les obligations naturelles sont......

Words: 35529 - Pages: 143

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Teletravail

...N° 353 JANVIER/FÉVRIER 2014 Travail &CHANGEMENT Télétravail : codes et enjeux d’une organisation hors les murs • Sortir de la « zone grise » • Expérimenter • Contractualiser ARGUMENTS (P. 6 À 8) Nicole Turbé-Suetens (Distance Expert) Yves Lasfargue (Obergo) Christine Baudoin (avocate) Sébastien Triopon (Carsat Nord-Picardie) Valérie Terrace (CCI Alsace) Tristan Klein (auteur d’un rapport sur le télétravail) CÔTÉ ENTREPRISES (P. 10 À 15) Assurance Télétravail : assurer la période d’essai Services Les télécentres, en recherche de modèle, font leurs premiers pas Informatique TIC pour télétravailleurs co nnectés Bimestriel du Réseau Anact pour l’amélioration des conditions de travail D13129Impression-ANACT-353-V3.indd 1 20/12/13 12:03 ENJEUX Télétravail : codes et enjeux d’une organisation hors les murs • Sortir de la « zone grise » • Expérimenter • Contractualiser Le télétravail gagne du terrain, mais n’est pas pour autant toujours formellement encadré dans les entreprises. Pour le faire sortir de cette zone grise, il s’agit de le considérer non pas comme une mesure individuelle exceptionnelle mais comme un nouveau mode d’organisation de l’entreprise, à débattre et à expérimenter. L’ âge d’or du télétravail arriverait-il avec l’accord de 2013 sur la qualité de vie au travail et l’égalité professionnelle ? Après quelques années d’errance et un accord national en 2005 peu suivi d’effet, le télétravail revient......

Words: 11077 - Pages: 45

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Travail Note 2

...ADM 1002 Initiation à la Gestion Travail noté 2 Question 1 Au Canada, l’industrie du textile est principalement située dans la grande région de Montréal. Une des faiblesses de l’industrie du vêtement est que bien qu’ancien, ce secteur de l’activité économique ne jouit pas des mêmes avantages concurrentiels que l’industrie aérospatial ou de l’aluminium, favoris de l’économie québécoise. D’une part, il y a notre capacité légendaire à ériger des barrages qui produisent à très faibles coûts l’électricité nécessaire aux usines comme Alcan, il y a les nombreuses écoles de génie de Montréal et une population « naturellement » bilingue qui assurent à Bombardier et Pratt & Whitney une main-d’œuvre instruite et productive, d’une autre part, il y a l’industrie de la mode, qui elle, semble sur le respirateur artificiel depuis fort longtemps. Surtout depuis la fin des tarifs douaniers sur l’importation de vêtements en provenance de l’Asie et l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce. Ensuite, les détaillants ont souffert parce qu’ils n’ont pas anticipé le fait que les consommateurs sont devenus plus attentifs aux prix. De plus, avec l’arrivée des femmes sur le marché du travail, le contraste est assez concret. La femme a développé le pouvoir d’achat, a contribué au changement de ses habitudes vestimentaires et elle peut maintenant comparer les prix. Puisque les femmes sont plus exigeantes et recherchent des produits plus conformes à leurs styles de vie,...

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Le Droit Du Travail

...Introduction : Le droit du travail s'est constitué en matière autonome dès que le travail subordonné s'est distingué du travail indépendant et s'est doté de règles propres. Il y a eu un passage du contrat de louage régi par le code civil au contrat de travail régi par le code du travail. Le droit du travail ne s'est réellement développé qu'à partir du jour où à côté des relations individuelles ce sont ajoutées des relations collectives de travail. Les relations individuelles lient un travailleur à son employeur cad que le salarié se place sous l'autorité de l'employeur en contrepartie d'une rémunération. Les relations collectives du travail sont marquées par l'apparition des syndicats, les négociations collectives et le développement du droit de grève. I- Le contexte économique Le droit du travail a pour objet le salariat. La vie professionnelle et les moyens de subsistance de la majeure partie des travailleurs sont concernés. Le droit du travail participe de la vie économique. A ce titre, il est confronté aux discours des sciences économiques. Or, le plus souvent, le droit du travail y est présenté comme un coût, il serait anti-économique. Cette vision résulte d'un discours simpliste qui oppose le droit du travail à l'efficacité économique. A l'inverse, il peut être soutenu que le droit du travail peut avoir une utilité économique. A) Le discours simpliste de l'opposition entre le droit du travail et l'efficacité économique Une vision économique......

Words: 16919 - Pages: 68

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Labour Economics

...1. INTRODUCTION A. Qu’est ce que l’économie du travail B. Quelles sont les caractéristiques de la relation salariale C. L’émergence de l’économie du travail 2. APERÇU EMPIRIQUE DU MARCHÉ DU TRAVAIL 2.1. 2.2. 2.3. Questions introductives À quoi s’intéressent les économistes du travail ? Pourquoi étudier l’économie du travail ? Quel est le rôle des économistes du travail ? Pourquoi les économistes du travail ne sont ils pas toujours d’accord ? Comment définit on le marché du travail ? Particularité du marché du travail Un peu de terminologie Quelques éléments empiriques Tertiarisation de l’économie Féminisation de l’emploi Diversification des formes d’emploi et la flexibilité du marché du travail L’internationalisation de l’économie et le progrès technologique La diversité des expériences en matière de chômage 3. APERÇU THÉORIQUE DU MARCHÉ DU TRAVAIL 3.1. 3.2. 3.3. La Demande de travail Variation des salaires Variation de la demande pour le produit Variation du prix du capital L’offre de travail L’offre de travail du marché L’offre de travail de la firme La détermination du salaire L’équilibre concurrentiel Bouleversement de l’équilibre Imperfection du marché du travail 1 4. LA DEMANDE DE TRAVAIL 4.1. Théorie statique de la demande de travail 4.1.1. Les fonctions de production a.) Les isoquantes b.) Les formes des isoquantes c.) Propriétés des isoquantes d.) Taux Marginal de Substitution Technique (T.S.T) e.)......

Words: 14487 - Pages: 58

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Economie - Flexibilité Du Travail

...s’adapter à des goûts plus diversifiés (remise en cause de la production standardisée et apparition du toyotisme). C’est ainsi que de nombreux dirigeants économiques et politiques s’emploient à rendre le statut du travail plus flexible, c'est-à-dire plus adaptable aux changements. La flexibilité du travail étant la capacité d’une entreprise à s’adapter aux variations de la demande, nous comprenons que cette logique est créatrice d’emplois. Cependant elle présente certaines limites et c’est pourquoi nous sommes en droit de nous demander dans quelle mesure la flexibilité du travail favorise l’emploi. Pour répondre à cette interrogation, il convient d’analyser, dans un premier temps, les effets positifs de la flexibilité du travail sur la croissance de l’emploi et dans un second temps, de souligner les limites de cette politique. Dans le cas du marché du travail, la flexibilité peut se décomposer en plusieurs éléments, comme le distingue Bernard Bruhnes. Il existe ainsi la flexibilité quantitative externe qui est la possible modification des effectifs en fonction des besoins de l’entreprise, l’externalisation qui est la réalisation de tâches secondaires par des entreprises sous traitantes, la flexibilité quantitative interne qui est la modulation du temps de travail, la flexibilité fonctionnelle qui est la polyvalence de fonctions exigée des salariés et enfin la flexibilité de rémunération qui est la variation des charges salariales en fonction des résultats de......

Words: 1315 - Pages: 6

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Student

...entreprises Et Anthropologie du travail Préparé par Jabbour Sara Mhawej Sophie I- Anthropologie des entreprises i. Aperçu historique Dans les années 1950, l'anthropologie structurale a montré que, dans certaines organisations humaines, coexistaient deux modes de pensées : la pensée rationnelle (ou technique) et la pensée sauvage. Pour Claude Levi-Strauss, cette dernière "n'est pas la pensée des sauvages, ni celle d'une humanité archaïque, mais la pensée à l'état sauvage, distincte de la pensée cultivée ou domestiquée en vue d'obtenir un rendement". De nos jours, les sociétés modernes comme les entreprises font cohabiter ces deux pensées. La pensée sauvage assure la cohésion des collectifs humains et la pensée technique, l'organisation des échanges et de la production ainsi que la mise en œuvre du progrès technique et scientifique. ii. Techniques de recherche et résultat Grâce à la promotion d’une véritable «anthropologie de l’entreprise», une réflexion globale peut et doit être menée sur la place de la personne humaine dans l’entreprise, en vue de permettre à chacun de retrouver, dans le travail, une certaine cohérence globale, à la fois personnelle et opérationnelle.  Changeons le regard porté sur l’entreprise, son fonctionnement et ses collaborateurs : dans un souci de performance économique mais sous-tendue par le respect de toutes les parties prenantes et recentrée sur la personne humaine au travail.  Le travail réalisé en commun est......

Words: 2812 - Pages: 12